ReviewReviewReviewReviewReviewAli soulihiSep 15, '07 5:31 PM
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Category:Books
Genre: Other
Author:Ben Tadjidine
Un mois après l’indépendance des Comores, le chef de l’opposition de gauche aux Comores orchestre, avec l’appui des mercenaires, le premier coup d’État du pays. Cet événement inédit va poursuivre, malheureusement, le sort incertain du nouvel État.



Le 6 juillet 1975, Ahmed Abdallah, président du conseil territorial, fait voter par la chambre comorienne des députés la déclaration unilatérale d’indépendance. Surprise par une telle audace, la France décide de ne plus reconnaître la souveraineté des Comores dans l’île de Mayotte. Et elle impute la responsabilité de la partition de l’archipel au président indépendantiste.



Mais celui-ci continue de défier l’ancien colonisateur. Il multiplie les manœuvres à son encontre devant la communauté internationale et qualifie la stratégie française de néocolonialisme.



Inquiète par cette situation qui pourrait faire tâche à sa diplomatie, la France décide de l’évincer et de le remplacer par Ali Soilihi, alors chef de l’opposition de gauche aux Comores. Aux yeux des autorités françaises, celui-ci qui n’était pas favorable à l’indépendance unilatérale, apparaissait comme un homme de conception modérée à l’égard de la question de Mayotte.



C’est ainsi que le 3 août 1975, un coup d’Etat intervient, tranquillement, sous l’œil indifférent des militaires français. Ahmed Abdallah est écarté, Ali Soilihi et ses proches prennent les commandes. Mais Ahmed Abdallah se réfugie à Anjouan, son île natale. C’est là que le mercenaire français Bob Denard, accompagné de six autres soldats de fortune apparaissent.


Il n’est pas question d’abandonner le problème.


Le 21 septembre, ils débarquent d’un avion cargo bourré d’armes à l’aéroport de Moroni. Ils encadrent les mapinduzi (révolutionnaires) d’Ali Soilihi et se rendent sur l’île d’Anjouan où ils arrêtent le président Ahmed Abdallah et ses proches. Ali Soilihi peut donc jouir de son pouvoir sans crainte ni inquiétude.



La nouvelle ligne d’action sur la question de Mayotte s’oriente vers la coopération avec la France. Il n’est pas question d’abandonner le problème. Quelques mois plus tard, aucune évolution n’est constatée sur la position française, et vraisemblablement la situation ne devient toujours pas favorable.



A ce moment Ali Soilihi a changé complètement de visage. Non seulement il se comporte comme un révolutionnaire, mais aussi il opte pour le socialisme marxiste.



De plus, son discours à l’égard de Mayotte devient de plus en plus radical. Il reproche avec virulence à la France de ne pas vouloir rendre Mayotte aux Comores.




Ali Soilihi, un Ingrat...




En mars 1976 il menace de recourir à une solution armée si la France n’accepte pas de procéder à un règlement pacifique de la question. Il a estimé que tous les efforts diplomatiques avaient été épuisés.



Dans le camp français, on dit qu’Ali Soilihi se révèle à l’usage bien ingrat, alors que la France avait contribué à le mettre au pouvoir.



Et une fois de plus, la France va exercer son pouvoir militaire pour se débarrasser de lui. Mais cette fois-ci le choix devient difficile, parce qu’il faut trouver un homme qui se contentera uniquement du pouvoir et qui se résignera à accepter la tutelle française sur Mayotte.



Cette situation va profiter à Ahmed Abdallah, même si au paravent il avait qualifié la politique française de néocolonialisme.



La France a pu conclure que, si Ahmed Abdallah -un grand bourgeois anjouanais qui n’a pas l’esprit d’un révolutionnaire- revient au pouvoir par l’intermédiaire des mercenaires et la bénédiction des services français, il sera obligé de se soumettre, et donc de ne plus réclamer Mayotte.


Ainsi, le 13 mai 1978 l’équipe de Bob Denard débarque aux Comores sur un morutier bourré d’armes et s’empare du pouvoir. Ils arrêtent Ali Soilihi qu’ils vont tuer quelques jours plus tard lors d’une prétendue tentative d’évasion, et appellent Ahmed Abdallah, qui passait un séjour paisible à Paris, pour retrouver son fauteuil présidentiel?


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